AQUACULTURE DURABLE


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Traçabilité en aquaculture Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Biofario   
10-09-2007
 

Que mangent les poissons que nous mangeons ?

 La fabrication industrielle des aliments destinés aux animaux domestiques ou d'élevage proviennent  d'une recette qui mélange des céréales ,des mélasses, des protéines provenant de farines et huiles de poissons et ... des additifs "divers" (?)

Compte tenu de l'épuisement des stocks halieutiques mondiaux , les fabricants augmentent de plus en plus la part issue de végétaux.

Dans l'usine, ces ingrédients sont mélangés et chauffés . La mixture peut être transmise à une autre usine de conditionnement qui transforme la recette en granulés de différentes formes et de différentes tailles.Ces granulés sont majoritairement fabriqués en Amérique Latine . Les "pellets" (granulés ) arrivent dans l'UE par quantité énormes .

 Comment contrôler ? Est-ce qu'un petit échantillon sera représentatif de la cargaison ?  

Or,de l'aveu même de l'UE, il n'y a aucune garantie sur les filières de fabrication en Amérique Latine ,Chili notamment avec du soja-OGM brésilien ...

En d'autres termes , la traçabilité : OUI !  Elle nous apprend que le poisson est élevé à Brest ou à Strasbourg, Lille ou Montpellier mais on ne saura rien de l'amont c'est à dire de l'aliment . Il s'agit pourtant d'un paramètre essentiel .

Est-ce une raison de la traçabilité lacunaire ?

 

 

Il est pas frais mon poisson?

Après la mort du poisson ,on connait les phénomènes de prolifération bactérienne ,la dégradation des protéines et des graisses , la décomposition de l'ATP et l'émission des composés organiques volatils ; Ce n'est pas un scoop : il s'agit d'une denrée presque aussi  rapidement périssable que la glace qui l'accompagne fond au soleil!

 Pathétique et peut-être contre-productive , la seule expérience de traçabilité observée dans une grande surface : sur une grande mappemonde plusieurs  flèches dirigées sur la France  indiquaient : " J+3" ,  "J+5" ,  "J+6"   On informait le consommateur que tel ou tel poisson avait été péché il y a 3 , 5 ou 6 jours .

Que s'est -il passé pendant ces 6 jours? a t-il été bien conservé ?  etc....

Ce même planisphère aurait pu être affiché par Greenpeace pour imager le contresens  de porter son choix d'acheter un poisson qui vient de l'autre bout du monde , ou pire : d'une mer archi polluée !

Sans apporter de suspicion sur le "J+5" , cet effort trés louable de transparence et de traçabilité doit susciter la réflexion : "dois-je acheter un poisson à J+5 ou 6 ?"   ..."ne dois-je pas rechercher  un J+ 1 maximum? "....Inutile de  chercher sur l'étal : il n'existe pas !

 

Pour l'heure , le consommateur ne peut  se fier qu'à son flair et à l'analyse visuelle: la peau, les yeux, les ouïes...c'est peu ,mais ni  le supermarché ni le système communautaire ne peuvent rien garantir.

 "Actuellement, les détaillants n'ont, en effet, aucun moyen de connaître l'âge du poisson qu'ils vendent, ni son degré réel de fraîcheur. Le poisson pourrait être contrôlé à tout point de la chaîne jusqu'à son arrivée sur l'étal du détaillant, et il serait souhaitable que le consommateur puisse lui aussi effectuer un contrôle."

Ce serait la moindre des choses pour ce produit alimentaire éminemment périssable.

 

  

Dernière mise à jour : ( 03-05-2008 )