|
Créateurs d’ Utopies Marchandes : Ce titre qui affiche une double ambivalence pourrait être trompeur : créer une utopie ne semble pas dans l’ordre des choses …une utopie, c’est du fictif et de l’idéal , un rève qui , a priori , arrive tout seul . L’utopie a aussi une étiquette : depuis Thomas More , après Aldous Huxley en 1932 , il y eu les soixante-huitards et chez ceux là , on ne marchandise certainement pas une utopie ! Alors ? Les financiers ne commettent jamais d’erreur sémantique : pour vendre un concept , pas question de le baptiser « utopie » …moins le contenu est consistant , plus l’emballage doit être soigné ! Pourtant…certaines authentiques utopies valent plus qu’une mine d’or dont les cours stagnent : -Toutes les activités humaines deviennent « durables » . Pour lancer le concept , on s’est souvenu du sommet de Rio de 1992 au cours duquel il ne s’est pas passé grand-chose et qui risquait de tomber dans les oubliettes . Puis Kyoto en 1997... ouf ! la durabilité a son pilier et depuis 2000, génère un chiffre d’affaires colossal et créée de la richesse, - il y eu la « certification » …immédiatement suivie de l’auto-certification . Certains labels prouvent leur pertinence , mais quel crédit peut –on apporter à ceux qu’il suffit de payer pour les obtenir ? Peu importe ,des sociétés et des emplois voient le jour , de nouveaux métiers se crééent , - la palme utopique - pour l’instant - peut être décernée au « crédit carbone » dont la mission , incontrolable , consiste à payer pour capter le CO2 de l’atmosphère . L’art de vendre de l’air …Un gag d’autant plus fort que personne ne me semble détenir le pouvoir d’interdire aux arbres de respirer ? Rappelons en effet que cette fonction biochimique est assurée par la forêt qui, grâce au soleil et à la photosynthèse , assure ce bon office depuis des millénaires : elle absorbe gratuitement le CO2 et rejette gratuitement de l’oxygène . Dites moi vite si je me trompe ? On certifie toutes les forêts de l’hémisphère Nord : cela crée un business , on surexploite très massivement tout l’hémisphère Sud : cela rapporte beaucoup de devises (légales et illégales ) et alimente l’industrie, on défriche pour les bio-carburants… La surface boisée mondiale diminue inexorablement ce qui induit un immense préjudice environnemental . Les quelques arbres plantés au titre du « crédit de carbone » auront le mérite de générer de nouveaux services et d'importants flux financiers qui n'auront rien de virtuels . L’homme peut donc continuer à créer des utopies marchandes pour que Glodman Sachs maintienne ses énormes profits . Gageons que de nouveaux services vont bientôt monétariser d’autres actifs naturels ...
|