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SRDE LIMOUSIN Rôle que pourrait jouer la pisciculture dans le développement rural du Limousin ? Perspectives de développement de la pisciculture. Dans un contexte de forte croissance démographique mondiale, et d’une forte demande alimentaire, le développement de l’aquaculture devrait constituer une réponse pertinente face aux ressources halieutiques surexploitées. En effet, la demande d’aliments d’origine marine est en hausse, alors que la capacité des écosystèmes naturels à répondre à cette demande diminue de manière très inquiétante. Que faire ? Nous allons tout droit vers une augmentation des importations de poissons issus de pisciculture très intensive en Chine ou au Chili, plus gros producteurs mondiaux . Pire , le saumon transgénique du Canada (tout est prêt ! ) . Suffit d'attendre encore un peu que la pénurie sur l'étal soit bien ancrée dans l'esprit du consommateur pour justifier ces importations malsaines pour la sécurité alimentaire et l'environnement . De toutes les perspectives de développement régional, aucune, à notre connaissance n’analyse le potentiel de la pisciculture en Limousin. Dans son “Etat des lieux de la diversification des exploitations agricoles du Limousin 200/2007. Mathieu DUFOUR attend la page 73 pour évoquer la pisciculture d’étangs”.Il s’agit bien d’un état des lieux : il existe 14 ou 15 000 étangs en Limousins, point ! Silence radio total sur la pisciculture traditionnelle. De ce point de vue occulté, le rapport ne répond pas à la question de la diversification, encore moins à celle de l’innovation, ni au potentiel de développement de la salmoniculture en Limousin. Le cadre était pourtant bien planté : http://www.cr-limousin.fr/rubrique.php3?id_rubrique =108 Il faut reconnaître qu’il ne reste qu’un seul pisciculteur en Creuse et plus un seul en Haute Vienne ! Serait-ce pour cette raison que cette filière est oubliée ? C'est aussi parceque le potentiel régional existe et qu'il y a peu de candidats sur le terrain qu'elle mériterait d'être encouragée ! Cette réflexion n’a d’autre prétention que de pallier cet oubli d’autant que cette activité jouit d’une bonne dose de sympathie dans l’esprit du public et qu’elle ne concurrence aucune autre activité dans ces fonds de vallées : on ne met pas l’élevage régional en péril en soustrayant 2 ha par ci ou par là. Ces terrains, souvent humides, sont mal valorisés par l’élevage. Ce n’est pas non plus la place des plantations forestières qui ont le gros inconvénient de “fermer” les vallées, encore moins des zones propices à l’urbanisation. On apprend à l’école primaire que l’Auvergne et le Limousin constituent le château d’eau de la France, grâce à un excellent réseau hydrographique. En tête des bassins versants, l’Auvergne et surtout le Limousin sont en queue de peloton des régions piscicoles avec respectivement une production de 225 et 92 tonnes de truites/an. Nous faisons pâle figure comparé aux 13 875 tonnes de l’Aquitaine voisine et aux 10 263 tonnes produites par la Bretagne. Le thème de l’eau sous entendait jadis des bases de productivité. L’activité hydraulique a connu son apogée avec 800 moulins, puis la mise en valeur agricole a pris le relais au début du XXème siècle. La désaffection de la valorisation des axes hydrographiques par les éleveurs impacte le tissu rural. En ersatz, la vulgarisation forestière édicte après 1960 "le peuplier dans les vallées et l’épicéa de Sitka dans les zones humides à drainer" ! L’abandon de ces activités traditionnelles laisse la place, à la fin du XXème siècle, à une utilisation sociale de l’eau (pêcheurs, kayakistes) tant et si bien qu’au XXème siècle, tous s'estiment meilleurs protecteurs / auto proclamés de la rivière. Ces réactions humaines engendrent des conflits d’usage alors que des aménagements pertinents peuvent concilier la multifonctionnalité du cours d’eau ! L’ennemi commun est ailleurs, diffus, anonyme, redoutable : la pollution. Contribution de la pisciculture au développement rural : En préambule, il convient de préciser le cadre de ce développement, tant sur les objectifs que des techniques mises en œuvre : Objectifs : - prétendre passer de 92 tonnes à 10 000 tonnes au niveau régional n’a techniquement rien de compliqué, mais ne satisferait pas les objectifs environnementaux et sociaux. Il nous semblerait pertinent de privilégier la création de petites unités de production (10 à 20 tonnes/an). - 3 créations / an constitueraient un rythme intéressant. Technique : - il conviendrait d’adopter une méthode d’élevage viable qui s’inscrit dans une valorisation durable de l’environnement, proposant des produits de qualité au consommateur. Contribution : - création d’activités et d’emplois en milieu rural, - garantir la sécurité alimentaire en proposant des produits de qualité au consommateur et en favorisant les circuits courts. - impact social : animation, marché de producteurs de Pays, vente à la ferme, valorisation agro-touristique. Quelques questions émergentes restent à poser : - nécessité d’un service ou d’une personne ressource pour centraliser et répondre au niveau régional aux porteurs de projets, - l’accès au foncier : tous les sites détenteurs d’un droit d’eau ne sont pas obligatoirement à vendre ! - inventorier des sites techniquement exploitables, - adaptations spécifiques de certaines règles administratives. Dans un contexte halieutique mondial de plus en plus difficile (c’est un euphémisme), la pisciculture locale, proposant des produits de qualité, devrait offrir des perspectives intéressantes aux consommateurs et constituer un marché valorisant pour les professionnels candidats à l’installation. Biofario
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