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Le crash boursier de 1929 ponctué par une guerre mondiale ont laissé des plaies indélébiles. La mémoire est pourtant moins forte que l’appât du gain et en 2006,les subprime aux USA nous plongent à nouveau dans une crise financière mondiale. Les investisseurs n’ont plus de certitudes et les colossaux flux financiers cherchent des créneaux tous azimuts. On assiste donc à une spéculation sur les denrées alimentaires. Parallèlement , depuis quelques années, les formidables besoins de la Chine ont provoqué l’augmentation importante de toutes les matières premières ,notamment le pétrole. Enfin, la situation halieutique mondiale est de plus en plus précaire en raison de la surpêche des océans. Dans ce contexte très perturbé , toutes ces externalités impactent directement le coût des transports de marchandises et notamment de l’aliment destiné aux poissons , dont le prix ne cesse d’augmenter. Cette filière en crise devrait pourtant avoir un bel avenir. Certains pays l’ont compris .La Chine ,par exemple, a considérablement développé l’aquaculture…mais le produit est en Chine. A quel prix environnemental l’acheminer dans nos assiettes ? Le consommateur qui veut acheter un petit prix ne sera pas plus regardant au produit. On observe en France une amorce de petite prise de conscience environnementale. L’influence de nos voisins beaucoup plus en avance (Benelux,Allemagne et surtout la Suisse ) va peut-être faire école ? Des expériences médiatisées ( tel le phénomène des locavores initiés aux USA où le but est de se nourrir pendant un mois avec des aliments fabriqués à moins de 150 km de son domicile ) feront peut-être progresser plus vite les consciences que les savantes explications sur les bienfaits des circuits courts . Seul un changement de mode guidera le consommateur éthique dans ses choix d’achats. Les produits du pisciculteur local devraient redevenir « tendance » plutôt qu’un poisson qui aurait déjà fait le tour du monde en avion avant d’arriver sur l’étal du dernier poissonnier en exercice. On a du mal à imaginer une population se privant de riz (malgré l’envolée des cours multipliés par trois depuis le début de l’année 2008), ou de blé. Pourtant, dans les « pays émergeants », une part de la population estime avoir les moyens d’accéder aux protéines animales. Ce phénomène économique, conjugué à l’augmentation de la population, va engendrer une croissance considérable des besoins. Dans les « pays riches », comparé aux effets négatifs d’une consommation excessive de viande, les effets bénéfiques de la consommation de poisson sur la santé sont avérés. L’organisme humain a absolument besoin d’oméga 3 ,acide gras polyinsaturé. Un certain public redécouvre le sport, attend une nourriture plus saine et de qualité. Il recherchera les légumes et le poisson au lieu du « hamburger –frites à peine cuites aux acides gras trans –boisson gazeuse »! L’avenir du pisciculteur ? - la pénurie mondiale de poisson sauvage, A force de rechercher des gains de productivité, la pêche minotière a adopté des méthodes de capture qui vident les mers de leur faune et causent des dégâts considérables au milieu halieutique. Le remède évident est de soulager les prélèvements légaux et illégaux… et de passer à l’élevage, Il n’y a pas une semaine où les médias ne se fassent pas l’écho de ce phénomène - la population en augmentation, - la prise de conscience environnementale qui devrait privilégier les produits locaux de qualité, - les bienfaits du poisson dans l’alimentation. Tous ces facteurs devraient contribuer au regain d’intérêt du poisson et à un nouvel essor raisonné de la pisciculture. Une étude prospective très intéressante de l’INRA arrive à point nommé dans cette période charnière . Puissent les politiques la lire attentivement et se prononcer sur le scénario à mettre en œuvre : il n’y a plus de temps à perdre pour que cette vague profite à la France http://www.inra.fr/presse/les_futurs_possibles_pisciculture_francaise_horizon_2021
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