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Créér une haie La haie artificielle ou naturelle ? faites votre choix . L’historique : Après la seconde guerre mondiale ,toutes les pratiques agricoles ont contribué à détruire les haies. Elles avaient de multiples fonctions , quasiment ignorées. La mécanisation et la recherche de rendements supérieurs étaient les seuls paramètres considérés. Elles furent réputées génantes et pour un bon travailleur, tout ce qui gène doit disparaître ! Les engins, toujours plus volumineux ne doivent pas être génés par des lisières et surtout doivent manœuvrer le moins possible : il faut donc créer des grandes lignes droites. Le paysage a été métarmorphosé et dans les régions très bocagères ,il ne subsiste plus que quelques reliques de haies. Après les facteurs de production, quelques décennies plus tard, on découvre le revers de la médaille : - l’érosion des sols : la meilleure terre se perd dans des fossés recalibrés à grands frais lors des remembrements, - les inondations ; l’eau boueuse n’étant plus freinée , arrive en une heure sur la place du village alors qu’elle mettait deux jours pour rejoindre calmement les ruisseaux, - la perte de biodiversité végétale et animale : la destruction des habitats engendre forcément la disparition des espèces inféodées, - modification du micro climat etc... Le remède : la haie artificielle Le remède est simple : après avoir détruit, il faut reconstruire . Et pour être parfaitement symétrique , comme on a payé pour les arracher, il est « normal » de payer pour les reconstituer . La disparition des haies a entrainé la disparition des savoir-faire . Qu’à cela ne tienne ,on a baptisé « spécialistes » des techniciens chargés de la conception et de la maîtrise d’œuvre de la plantation de haies . A la perte du savoir faire s’ajoute un déficit du sens de l’observation . ( ce n’est pas une généralité :des passionnés reconnus existent) On a donc crée des modèles types : en découvrant ici et là les réalisations, je ne peux pas m’empêcher de penser aux anciennes perruques masculines : l’homme chauve est séduisant, mais affublé d’une perruque, il devient grotesque. La haie artificielle produit le même effet visuel. On a donc déroulé des tonnes de films plastiques , introduit des essences non indigènes, des plants bizarrement éduqués en pépinière , juxtaposé des essences incompatibles etc… Le summum fut le recours massif aux herbicides pour faire « propre ». La meilleure chose qui puisse arriver à ce type de haie est d’être oubliée complètement par l’homme pendant quelques temps et qu’elle fasse ultérieurement l’objet d’une taille sévère : ce qui devait crever sera mort, la végétation épineuse , prunus, rosacées s’y réintroduira .Le temps atténue l’aspect artificiel . Photo : On observe le labour tout proche , la très faible largeur laissée à cette haie qui ne semble pas être la bienvenue. Il n’est pas certain que cette haie offre un grand intérêt environnemental. Il arrive que l’homme s’entête dans l’entretien: désherbages chimiques, tailles régulières fastidieuses et coûteuses ….ou qu’il s’acharne sur l’intruse : dans ce cas, le soc de la charrue ou un malencontreux traitement chimique au débroussaillant ont souvent le dernier mot. Une autre voie : la haie naturelle Simple comme « bonjour » : 1) épargner une bande non labourée de 2 mètres (*) le premier précepte consiste en effet à accepter de « perdre » de la surface. 2) planter quelques piquets, 3) éventuellement poser un fil de fer, 4) planter de loin en loin quelques arbustes qui ont la faculté de drageonner (prunus) ou de se marcotter ( charme) et laisser travailler la nature pendant 2 ou 3ans : les oiseaux, par leurs incessants déplacements seront les meilleurs semeurs . Ces semis naturels réagissent bien mieux aux premières sécheresses estivales que des plants ! Mieux que le « kit haie » acheté chez le pépiniériste , la répartition des essences reste aléatoire puisqu’il est confié aux oiseaux. 5) si vous estimez que le processus naturel n’est pas suffisant, vous pouvez introduire quelques plants complémentaires dans les trouées. Sachez qu’il vaut toujours mieux privilégier le choix d’un petit plant plutôt qu’un grand ,plus cher et qui ne fait pas gagner de temps : il laisse 80% de son potentiel dans le sol où il a été prélevé ! Une vieille méthode transmise par mon Grand-Père pour gérer une haie (charme ou hêtre) : - courber la tige et l’entailler à la serpe aux 2/3 :on ne la coupe donc pas , - positionner tous les brins( tenant encore à la tige) à l’horizontale et les entrelacer. Bien sûr , cela demande beaucoup plus de travail que l’épareuse mais les deux ne sont pas contradictoires : on peut employer cette méthode pour densifier et rendre plus hermétiques certains tronçons un peu clairs. Au jardin : Vous l’avez compris ,cette méthodologie concerne la compagne ; Pour un jardin , penser au charme : il est marcescent , se marcotte très facilement et réagi très bien à la taille. Planter toutes les essences que vous voulez, mais tâchez d’oublier le thuya et le laurier (question de goût) et les remplacer par l’if (taxus baccata) . Au pied des palissades en béton , planter du lierre : ce n’est pas un parasite , il a son propre système racinaire et n’affaiblit pas son hôte .Il se taille très bien . Conclusion : Au jardin ou à la campagne, la haie est un élément important dont tous les bienfaits sont exposés dans la bibliographie . Ce qui n’y est pas traité et que cette modeste contribution tente de réparer , c’est la création d’une haie naturelle quasiment gratuite et bien intégrée au paysage. . (*)2 mètres initiaux donneront 3 m , à terme.
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