|
Sauvetage des seuils et barrages: Dans un premier temps nous évoquons le sauvetage des seuils des moulins. On connaît le seuil de rentabilité, mais beaucoup moins la signification du seuil dans une rivière : c’est l’ouvrage construit en travers d’une rivière pour dériver une partie de son débit vers le bief d’un moulin , vers un étang ou pour alimenter une rigole, un canal d’irrigation …Pour que les moteurs de recherches ne classent pas ce billet exclusivement dans la rubrique « seuil de porte », nous y associons le mot « barrage ». Or, notre propos ne concerne absolument pas la lourde problématique des barrages mais bel et bien les seuils construits dans les ruisseaux et rivières.Dans un second temps, nous évoquerons la pertinence qu’il y aurait à créer beaucoup plus de seuils qu’il n’en subsiste en 2011, même si cela n’est plus la mode. >>>>>>>>>>>>>>>>>><<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<< LA DECISION D’EFFACEMENT DE LEURS SEUILS MET LE PATRIMOINE DES MOULINS A EAU EN DANGER par la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins www.moulinsdefrance.org Depuis longtemps, les propriétaires de moulins hydrauliques constatent que toutes les actions envisagées sur les cours d'eau se font sans eux, alors qu'ils sont parmi les premiers concernés. Ainsi l'interprétation tendancieuse de la directive européenne sur l'eau (DCE 2000) par les services de l'État a engendré une circulaire ministérielle du 25 janvier 2010, dite ''Restauration de la continuité écologique des cours d'eau''. Cette circulaire, par ailleurs financièrement insoutenable, met en péril le troisième patrimoine de France, les moulins à eau. Le bouleversement d'un équilibre hydraulique et écologique, en place depuis des siècles, aura des conséquences irréversibles. Les services de l'État n'ont prévu de les étudier qu'ultérieurement, en quelques semaines, sans véritable concertation, et sans tenir compte du potentiel d'énergie renouvelable que ce patrimoine recèle (équivalant à une tranche de centrale nucléaire). De plus, il n’a jamais été démontré scientifiquement que le retour à l’état sauvage des cours d’eau serait le remède pour une meilleure qualité de l’eau. Tous les cours d'eau sur lesquels sont implantés des moulins ont été artificialisés depuis des siècles et les modifications hydrauliques qu'ils nécessitaient n'ont jamais empêché la « continuité écologique », prétexte actuellement invoqué pour leur suppression.
Outre un colloque national organisé en novembre 2010 à Cholet en parallèle du colloque de l'AFEPTB, qui a réuni environ 200 participants, une pétition signée par plus de 18 000 personnes, la FFAM, ses 82 associations, ses 5 000 adhérents, ont déposé en décembre un recours devant le Conseil d'Etat contre la circulaire ministérielle citée . analyse du recours sur www.moulinsdefrance.org/doc/recoursCE_circulaire25janvier2010.pdf
compte rendu complet des Journées Cholet sur la revue de la FFAM Moulins de France, n° 85 de janvier 2011, contacter
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Analyse du recours CE par Me Rémy et JM Pingault sur www.moulinsdefrance.org/doc/recoursCE_circulaire25janvier2010.pdfCR des Journées FFAM de Cholet (supplément 24 pages au Moulins de France Janvier 2011, n°85) (www.moulinsdefrance.org/Encours//EncartCholet_MdeF85.pdf Contacts : Annie Bouchard présidente
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Tél 09 77 63 11 65 / 06 11 02 71 84Jean-Marie Pingault
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Tél 02 32 49 80 90 >>>>>>>>>>>>>>>>><<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<< Une approche politique ou environnementale ? Les mots ont un poids qui peut desservir l’histoire. Le consensus admet à juste titre que le moulin fait partie du patrimoine rural. Celui qui défend les moulins défend ipso facto le patrimoine. Or « défendre le patrimoine » est un acte politique. Les seuils seraient donc des aménagements nuisibles puisqu’ils alimentent un « patrimoine ». Comme il existe incomparablement plus d’œillères maléfiques sur le patrimoine que de fadas sauvant les vieilles pierres, les circulaires s’empilent sur des textes déjà copieux, au détriment des troupes les moins nombreuses: les sauveteurs des moulins. Il s’agit donc plus d’une position beaucoup plus sociopolitique qu’environnementale car dans la nature en 2011, il n’y a plus grand chose de naturel : > les romains ont découvert et exploité tous les sites, les sources, canalisé l’eau, ouvert des voies de communications, > les moines ont façonné et géré les forêts, crée des étangs, développé la pisciculture, > les seigneurs ont construit des moulins à eau au pied du château, > plus près de nous, la construction de voies ferrées : 50 ans de travaux colossaux pour une ligne exploitée quelques années … Existe-t-il encore un m² accessible qui ait échappé à la main de l’homme ? Pour utiliser la force hydraulique, les cours d’eau ont, eux aussi, été aménagés. Les seuils en témoignent. Et en dépit de tous ces aménagements bouleversant indéniablement l’environnement, l’eau qui coulait dans nos rivières était encore limpide en 1950. Le biotope a la faculté de se reconstruire après une agression physique. C’est beaucoup moins facile avec la pollution. C’est quasiment impossible quand elle augmente et devient quotidienne. En outre, fait- on le bilan des travaux récents (1960-1980) intitulés « drainage, calibrage, rectification du cours d’eau, arrachage des haies, arasage des talus, drainage des zones humides, stérilisation de milliers d’hectares avec des parkings (1975-2010)… » ? Ces interventions invalident les milieux et ne laissent aucun espoir de reconstitution naturelle à l'endroit considéré , ni de compensation à proximité. Incohérence écologiste : De nombreux seuils rendent encore de grands services, fabriquent de l’énergie sans émettre de GES, contribuent par les taxes à abonder les finances publiques, créent du travail….(qui dit mieux ?) De nombreux seuils désaffectés pourraient être valorisés par une utilisation environnementale. Leur disparition nous priverait de cette vocation agricole ou énergétique futures ; En supprimant tous les moulins, il faudrait construire une centrale nucléaire supplémentaire de puissance équivalente ; un vrai progrès écologique ! Supprimons tous les seuils.…nous ne sommes pas vraiment certain que la pollution agricole et industrielle ne continueront pas à empoisonner l’eau. Fichons donc la paix à nos seuils, respectons les aménagistes des siècles derniers qui les ont construits sans laser ni pelleteuse, observons les sites qui mériteraient d’être mis en valeur par la construction de nouveaux seuils et rassemblons nos forces pour lutter contre l’ennemi commun : la pollution de l’eau.
|